Ironman Zurich vu par Pierre P

Je vous livre ma version au cas où vous vous ennuieriez (et puis Olivier et Julien B - voir Jacques B - doivent choisir une course pour 2018 donc autant qu'ils en sachent le maximum) :

D'abord la route que je coupe en deux en faisant un gros arrêt de 36h à la base familiale près de Lyon. Pour l'anecdote je fais la pause sur l'aire de Pays de Brive et une intuition me fait regarder mes roues sur le porte vélo en repartant, oh mais que vois-je ? c'est la trame métallique de mes pneus. Bon bah on va les changer, à J-5 de la course il est temps :) et hop arrêt chez un velocyste de Villefranche. Heureusement il y a la dernière sortie de surcompensation pour roder les pneus neufs.

Arrivée à Zurich le vendredi, je me fais dropper au briefing qui se termine en anglais dans une salle bondée. Je scrute, pas de Marie, je me prépare déjà à prendre des notes pour elle quand je l'aperçois, à l'heure pour le briefing en français dans une salle moins remplie. Pas inutile ce briefing au pays de la stricte application des règles.

J'ai pris l'option camping, blindé de concurrents pour la course de toute nationalité. Spécial dédicace aux italiens qui passent leur vie à bichonner leur vélo de star. Le soir je dois résister à ne pas trop taper dans le vin qu'ouvre mon frère qui habite Zurich et qui nous reçois à manger tous les soirs.
 

Samedi bien trop long. Je fais tourner les jambes 45 min + 10min footing. Physiquement ça sert surement à rien mais mentalement ça occupe. Le soir check in du vélo (donc dix milles vérif des sacs de transition avant)

Dimanche, levé 4h30. Pti dej habituel d'avant course (café et pâtes cuite la veille chez le frangin) puis 1,8km à pied en trifonction combi en main pour aller sur le site de la course. Le temps de tout faire j'arrive pas trop tôt au départ. Je me glisse dans le SAS 70-80min (comme Marie m'a dit le vendredi même si je me demande si j'abuse pas un peu). J'ai beau chercher dans cette foule de combi/bonnet/lunettes impossible de la voir. Et bim ça part toutes les 5s, et hop put%/# c'est à moi.

Natation: super eau, quelques virages, grande ligne droite avec les montagnes enneigées au loin comme repaire. C'est top. Je me fais doubler et je double, c'est presque équilibré. Je sors en moins de 1h20 donc j'ai pas usurpé mon sas.
01:17:43

T1: tranquillou, pissou, crème solaire (mais pas assez loin dans le dos :D) et hop vélo.

Vélo: ça part bien, tranquille. Un Gregory français me double au 20eme en lançant "Allez Pierre, Allez les bleus". Aux premières bosses Marie me rattrape, elle gère son allure, moi pas et sa venue m'aiguillonne donc je pars m'amuser dans les bosses à la suite d'une vétérane allemande (Ah "Annette") et vas y qu'elle me double en descente et vas y que je te la redouble en montée. AH mince je suis en train de me cramer sur la première boucle. Je ralentis le tempo avant la fin et avant d'entamer la seconde. Heartbreak hill LA bosse de fin de boucle est pleine de public, c'est la folie, bien entendu avec mon père on se loupe au ravitallo autorisé, tant pis j'ai un plan B pour mon deuxième sandwich mais c'est 60 bornes plus loin et les bananes c'est digeste de toute façon.
La deuxième boucle est bien plus dure que la première (quoi c'est la même ? mheu je sais ce que je dis, j'y étais) les deux grosses côtes m'apparaissent vraiment pour ce qu'elles sont (une est surnommée the Beast, bon ok on est oin de l'Izoard mais à ce moment là le soleil tape dur). De retour dans Zurich, Marie me rattrape de nouveau. Je l'interpelle, elle met au moins 3 bonnes secondes avant de me reconnaitre tellement elle est dans sa course. Nous abordons pour le deuxième fois Heartbreak Hill ensemble (mais à plus de 12m d'écart c'est la loi), cette fois il y a moins foule. Ouf il était temps de poser le vélo pour enfin aller courir (enfin avant de poser le vélo ça semblait une bonne idée d'aller courir même si je savais m'être cramé)
06:41:54

T2: tranquillou aussi, j'enfile les baskets sans me faire des crampes, c'est ok. En sortant du parc mon frangin (non pas celui de Zurich, l'autre) me crie "Allez Pierre, plus qu'un marathon" (l'amour fraternel , grrrrr) et là je heurte le mur du 30eme,oui oui dès le premier mètre, ça promet.

Course à pied, je fais le premier tour comme une épave en mettant en œuvre dès le premier ravito (à 800m du départ) ce qui sera ma stratégie (stratégie c'est le mot cool pour dire bouée de sauvetage) pour toute la suite de la CAP: marcher aux ravitos (y'en a beaucoup), un peu d'eau, un peu de coca et surtout repartir en courant. Premier tour en mode zombi, je crois avoir un caillou dans ma godasse mais nada j'en déduis donc que j'ai un début d'ampoule alors je me fais poser un compeed illico au poste médical et je repars, ça va mieux. J'irai un peu mieux sur les tours 2 et 3. Vers la fin du tour 2 un spectateur qui avait l'air d'un vieux de la vieille me dit "good, keep the pace, keep the pace",  j'avais l’impression "d'avoir vu Erasme", je m'accrocherai à cette phrase jusqu'au bout. Bon globalement j'ai gardé ma bonne humeur et ma capacité à faire des jeux de mots pourris et des blagues avec les volontaires tout le long du parcours donc je me dis que ça va. Au troisième tour je croise un gars inconscient sous les couvertures de survie avec les secours (another one bite the dust), d'autres s'étirent, marchent, s'arrêtent. Le 4eme tour est un calvaire mais c'est le dernier. Le sourire revient à l'approche de la ligne. Je la passe tranquille, lève les bras pour la photo et hop roulade pour le fun et crie de victoire. Et c'est "déjà" fini (et j'ai pas vomi :) merci coca)

04:35:48 (mon plus long marathon)
 
Total: 12:46:42
Impression finale sur le parcours: la natation dans le lac de Zurich c'est super, le parcours vélo est super joli (ça faisait les foins et j'ai même vu une cigogne), seule la course à pied n'a pas un décor de fou même si le passage dans le centre historique et en bord de lac est sympa.
A vous les studios.

Pierre, qui était raide comme un bout de bois à J+1 mais complètement remis à J+2 et ça c'est cool.

Rechercher