Ironman Mallorca By Nicolas B

Un grand bravo à Nico pour cette superbe perf !!!! Voici son CR :)

 

La journée démarre.. levé 4h30… le jour J est enfin là après 6 mois d’entraînement. Toutes les affaires ont été déposées la veille dans la zone de Transition.

Petit déj donc tranquille, comme d’hab je ne casse pas la routine. Je me sens bien, serein et prêt à aller au combat ! Je me suis préparé mentalement et physiquement malgré quelques pépins en fin de prépa (j’y reviendrai plus tard).

En route pour la zone de transition vers 5h30 pour les derniers préparatifs… gonfler les pneus, poser les bidons, revérifier que toutes mes affaires de vélo et cap sont bien prêtes. C’est bon je suis prêt ! Tiens petite annonce du speaker… La combi est finalement optionnelle, la température de l’eau a chuté pendant la nuit. Retour à l’hôtel pour chopper la combi lol

7h du mat’… me voilà sur la plage, mes affaires d’après-course sont posées, j’enfile ma combi et profite de ce moment avec un splendide levé de soleil. Rien de tel pour filer le sourire. Je me mets dans l’ambiance, y a du monde, repenses à toutes ces semaines, des mois d’efforts qui m’ont permis d’arriver ici. Haaa que c’est bon !! Je me jette à l’eau m’échauffe pendant un petit ¼ d’heure dans l’eau en faisant monter un peu le cœur.

Ca y est on nous appelle, on se cloitre tous dans nos canaux.. Rolling Start !!! Pour moi ça sera le canal 1h-1h10.

7h30 les Pro-hommes partent, puis quelques minutes plus tard les Pro-filles et enfin 7h37 démarre les catégories d’âges… 2175 personnes à faire partir au total.

Je m’élance à mon avis vers 7h45, y a du monde dans l’eau ça frotte un peu mais ça reste correct. Je pose ma nage et essaye de tenir mon rythme. J’ai de bonnes sensations dans l’eau c’est agréable. Je sens que ça glisse et continue mon effort. Je profite de quelques pieds de temps en temps et vais chercher ces bouées jaunes les unes après les autres… 1ère boucle de 2.4 km avant une sortie à l’autralienne… on a bien 20 mètres à faire debout dans l’eau avant d’atteindre la plage !! Je regarde ma montre 40min… c’est bon je suis dans les temps. Je fais mon ½ tour sur la plage et repars dans l’eau avec dans le viseurs ces bouées oranges.. Encore 20 mètres à faire avant de re-nager lol Je suis bien mais je sens que j’ai un peu plus de mal. Je choppe donc quelques pieds pour m’amener un peu et ça fonctionne. Mon cœur se calme un peu et j’essaye de relancer.

Au final de sort de l’eau en 1h04…. Merci tous ces mois d’entrainements et ces heures passées dans l’eau !! Ca aura clairement servit ! Direction la zone de transition avec une petite douche en passant… Je n’ai pas forcément précisé mais l’eau est hyper salée et ça laisse un goût assez dégueu dans la bouche au bout d’un moment.

Je prends mon sac « Bike », file dans la tente, me change et prend du temps pour mettre en place mon strap sur mon tendon d’achille droit. Incroyable mais vrai le vélo à côté du mien est exactement le même… ok ça peut arriver mais avec la même couleur de grip.. vert !! Ca nous a bien fait rire le matin dans la transition. Je ne me goure pas de vélo et part pour une belle balade.

Une boucle de 180km, dont une première partie au sud d’Alcudia, sans grosses difficultés et une deuxième partie au nord d’Alcudia, on emprunte le parcours de l’Ironman 70.3 avec de belles difficultés en prévision dont 25 km de montée…

Les premières sensations sur le vélo sont bonnes, mes jambes sont nickels et répondent bien. Mais je ne veux pas m’enflammer non plus donc je garde une allure à 33km/h… la balade est longue tout de même J

Au bout de 10 min de vélo… arrive un virage sur la gauche. Je vois un mec qui commence à me doubler. Bon ok rien de grave ce n’est pas le premier. J’amorce mon virage à gauche et là je sens que le mec n’a pas l’air de tourner.. Le con il fait un tout droit !!! Putain espèce d’en$*#@ !! Je redresse au dernier moment, ça touche et on manque de peu de tomber. Bien sûr je le re-insulte une autre fois !! Je repars et là y a un bruit bizarre sur l’avant du vélo. Je m’arrête 10 mètres plus loin sur le côté, regarde ma roue de devant, elle tourne difficilement… L ’en$*#@  m’a pété un rayon à l’avant. Re-insulte LOL Desuite je pense... la course est finie L Non non non, ça fait 10 min que je suis partie je ne vais pas arrêter ma course là à cause d’un con----ds n’a pas vu la route (oui j’ai été assez vulgaire pendant ces minutes). Mon rayon est toujours attaché au centre, je pense à l’enlever et me dis que c’est une mauvaise idée ça risque de déséquilibrer ma roue. Je l’enroule donc au rayon d’à côté. Je resserre ma roue et à l’inverse desserre mon frein avant… je fais tourner ma roue… ça fonctionne !!! Bon ok ma roue est super voilée lol c’est un peu abusé mais faut tenter.

Je repars, et teste la roue en accélérant petit à petit. Je vois que ça tient même si elle navigue de droite à gauche. J’essaye de reprendre un rythme, gère dans les quelques descentes en ne dépassant pas le 40. Bon ça semble tenir autant y aller ! Je me dis qu’au pire, je prendrai une énorme boite si jamais la roue avant se bloque ou casse ou je ne sais quoi. Et que toute façon je ne le verrai pas arriver … la décision est prise, faut envoyer comme si de rien était… j’ai 170 bornes à faire !!!

Je fais ma course, sur le vélo mon objectif étant d’arriver à un 33 de moyenne à la fin de la première partie, avant la montagne. J’y arrive, toute la première partie est assez plate avec quelques coups de culs, mais j’essaye de me tenir à 35km/h (du temps perdu au départ). Les premières 100 bornes sont bien avalées. Je me suis aussi tenu à manger toutes les 30 min une barre en alternant le salé et sucré. Plus boire au moins un gros bidon toutes les 45min, essentiellement de ma boisson énergétique (pas la Boisse :p)

Au loin je vois aussi ces énormes nuages et éclairs… ça ne présage rien de bon pour la suite. Il ne fait pas une grande chaleur et il y a pas mal de vent, mais le meilleur reste à venir ;)

Km 100, début de la montée, avec un faux plat montant pendant bien 10/15 bornes. J’ai les jambes et je sens que je peux envoyer du watt. J’avais reconnu cette partie le mardi et gère donc bien mon effort. Les mecs sont regroupés, c’est un peu abusé, ça drafte à mort et on commence à prendre la pluie dans la tronche. Je prie aussi pour que ma roue avant tienne dans la montée, mais aussi et surtout dans la descente, parce qu’une chose est sure c’est que je ne vais pas ralentir, au contraire

La pluie, le vent dans la tronche sur ce faux plat montant et nous voilà partie pour 10 bornes de montrée avec une moyenne à 5.5%. En gros je dépose tout le monde… Seules 2 personnes me doublent sur les 25 km de montée. Ça fait plaisir, les sensations sont incroyables, assis sur ma selle je garde ma cadence et grimpe sur un super rythme. Quelques relancent en danseuse de temps à autres, mais qu’est-ce que c’est bon de se sentir fort comme ça.

Ravitaillement eau à l’arrivée au sommet et c’est partie pour la descente avec trois grosses zones techniques (séries de 4/6 virages en lacé). Je ne suis pas le plus gros descendeur mais tâche de m’accrocher sans trop prendre de risques non plus. Déjà la descente est au sec, les suivants n’auront pas cette chance.

Revoilà le plat, les jambes sont toujours c’est reparti sur des base de 35km/h, je me dis que je peux largement tenir. Un français est là on discute sur le vélo c’est sympa.

Les 40 dernières bornes, ça va être pluie et vent dans la tronche et là les mecs sont sans pitié pour drafter… vraiment scandaleux et il semblerait que ça devienne un vrai problème dans les courses Européennes. Pas pour moi tout ça et le premier qui se fou dans la roue je le dégage. Je rentre vent dans la tronche, fait gaffe aux virages… nombreuses chutes avec cette pluie et je garde mon objectif, revenir à la transition en 5h30.. Objectif atteint 5h33.

Je pose mon vélo et part vite pisser !!! Un truc de fou je me retiens depuis un bon moment et avec cette température je ne transpire pas… donc faut bien éliminer LOL Je récupère mes affaires de cap et me change complètement. Je mets les affaire de vélo dans le sac, les file à un bénévole, visse la casquette sur la tête et c’est parti pour 42.2 km, 4.5 tours à effectuer, donc 4 rubans de couleur à chopper.

Honnêtement ça fait un mois que je n’ai pas couru… ma dernière vraie sortie date du 28 Août dernier avant que je ne chute à vélo ce qui me déclenchera une tendinite au plantaire grêle, tendon juste à côté du tendon d’Achille. 3 semaines avant la course je ne pouvais pas courir plus de 2km. J’ai tout essayé, ostéo, magnétiseur et bien sûr repos. Tout ça c’est fini à la clinique des sports avec une écho pour confirmer la tendinite… 10 jours avant la course j’ai subi une infiltration sous écho sur le tendon pour virer ma douleur. Oui c’est dopant et je l’ai fait en connaissance de cause et je l’assume. Améliorer mes performances ça c’est sûr que non… Par conter ça a viré la douleur, enfin, atténué serait plus approprié.

Nous revoilà dans la course… objectif 3h30, je me suis entraîné pour ça et j’y crois. Je pars donc sur mes bases de 5min/km… je me sens bien les jambes ne sont pas fatiguées, ni lourdes, elles répondent. On court sous un abas d’eau, le sol est complètement trempé, il y a des énormes flaques partout et il ne fait pas chaud… Je m’attendais plus à une forte chaleur… Du coup on ne transpire quasiment pas et obligé de m’arrête pissé un paquet de fois.

Le semi est là et je commence à coincer, je sens que c’est dur et qu’il me manque ce mois de prépa. En cap. Je décide de ralentir et de changer mon objectif il va falloir chercher la cap en 3h45/4h. Je marche maintenant à tous les ravitaillements en essayant de manger des bananes, gâteaux et alterner eau, coca, bref je dévore tout ce qui passe… ça pique !! Tous les encouragements sont les bienvenus, ça fait du bien. Je me fixe des objectif plus courts : rejoindre le prochain ravitaillement, puis le suivant, puis le suivants, continuer à mettre un pieds devant l’autre en courant et aller chercher un autre ruban (un ruban par tour).

Ces sensations pendant la course sont assez extraordinaires avec le recul… je souffre, j’en chie mais je me bats et prend quand même du plaisir. Il faut avancer, se battre, continuer à courir même si plus lent. Atteint ton objectif intermédiaire et va au suivant, again, again and again… believe in your dreams.. Je pense à ma famille, mes amis aux personnes que j’aime et qui croient en moi. Toutes ces pensées me donnent de la force.

Je décroche finalement mon dernier ruban, après être passé 4 fois à côté de la ligne d’arrivée… c’est difficile psychologiquement lol Ce dernier ruban me file le sourire, une ressource d’énergie arrive de ne je sais d’où. Je profite de chaque instant de cette fin de parcours, de cette dernière et immense ligne droite le long de la plage qui m’amène à la ligne d’arrivée. C’est bon, je vais le faire !!!

Petit virage sur la droite, la déviation qui mène au tapis rouge, c’est énorme, un bruit de ouf, y a du monde, puis virage à gauche, les derniers mètres sont extraordinaires, je cours ??? Mais oui oui encore je ne sais plus, l’émotion est au maximum, je profite.. J’entends You are an Ironman Nicolas Boissonneau.

Je passe la ligne, c’est beau, les larmes m’en coulent, toutes ces heures passées pour cette course, ce moment, c’est juste énorme. Il n’y a plus de douleur pendant quelques minutes mais juste un plaisir extrême et une superbe satisfaction. On me remet ma médaille de finisher, une photo finish et j’ai terminé J

Ce que je retiendrai de ma course ?

  • Superbe expérience

  • Satisfait de ma natation et de ma nage. Par contre l’eau salée est assez dégueu au bout d’un moment, pas bon du tout lol

  • Ma capacité à rebondir après mon incident sur le vélo et la prise de risque avec cette roue.

  • Les 25km de montée…pfff abusé comme j’ai dégommé tout le monde, en toute modestie :p J’ai rarement éprouvé un tel sentiment de contrôle et puissance sur une montée.

  • Ne pas avoir mal aux jambes après 180 bornes de vélo

  • L’envie de tenir mon objectif 3h30 en cap… et d’arriver à refixer un objectif plus approprié en fonction de ma forme le jour J

  • Persévérer dans la douleur et pousser mon corps à toujours aller plus loin, à avancer, à se battre

  • Cette superbe ligne d’arrivée, avec ce public, musique, speakers, cette ambiance et ces superbes sensations de bonheur.

Þ Je n’ai jamais douté de ma capacité à terminer cette course. Je me suis préparé pour ça, j’ai cru en ce rêve et j’étais prêt pour le combat. Mais on ne contrôle pas tout dans une course… il faut un peu de chance pour que tout se passe bien. J’avoue avoir adoré ce premier Ironman et j’ai pris beaucoup de plaisir et j’en ferai d’autres c’est certain, half et full avec des objectifs différents… histoire à suivre ;)

 

 

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